# Velux.
2026
Velux est une série photographique née de l’enfermement. Un enfermement physique, mental, social. Les images sont réalisées depuis des espaces clos, domestiques, contraints. Le champ de vision est volontairement réduit. L’extérieur n’est accessible que par une ouverture minimale : un velux. Fragment de ciel, surface lumineuse lointaine, promesse ambiguë d’évasion. Le monde existe, mais à distance. Il est visible sans être atteignable. Dans Velux, la fenêtre ne libère pas. Elle rappelle la séparation. Elle devient un dispositif de contrôle du regard, un cadre imposé, une limite infranchissable. En parallèle, les réseaux sociaux apparaissent comme une seconde ouverture vers l’extérieur. Une fenêtre virtuelle, omniprésente, hypnotique. Ils offrent l’illusion du lien, de la circulation, de la présence. Mais cette ouverture numérique fonctionne comme un miroir inversé : elle accentue l’isolement, nourrit la solitude, renforce l’enfermement intérieur. Le regard oscille ainsi entre deux espaces clos : — l’espace physique de l’habitat — l’espace mental et social des écrans Velux interroge cette condition contemporaine où l’individu, même relié en permanence, demeure seul. Où la communication remplace la relation. Où le monde est accessible en images mais inaccessible en expérience. Les photographies ne cherchent pas à illustrer une situation sociale identifiable. Elles traduisent un état : attente, suspension, immobilité, tension sourde. Le temps semble figé. L’extérieur est présent comme une abstraction, une projection mentale plus qu’un lieu réel. Dans cette série, Ludovic Bourgeois poursuit son travail sur la mémoire, l’empreinte et la perception, en déplaçant le regard vers une solitude ordinaire, silencieuse, presque banale — celle qui se vit derrière des murs, sous des toits, face à des écrans, dans une société saturée d’images mais pauvre en présence.
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